L’immobilier entre dans une nouvelle ère digitale

Dans le cadre d’une réunion du Pôle Immobilier, notre adhérent Bernard Moulin nous a présenté l’article suivant de Blaise Heurteux :

L’immobilier entre dans une nouvelle ère digitale : j’en appelle à une prise de conscience collective du secteur

FacilitimLes uns après les autres, inéluctablement, des pans entiers de l’économie ressortent métamorphosés par une puissante vague de digitalisation : transports, loisirs, tourisme… Aujourd’hui, c’est l’immobilier, malgré des pesanteurs inhérentes à sa nature, qui est à la veille de grands bouleversements dont il n’a pas encore idée.

J’en veux pour preuve qu’il soit devenu une cible de choix des investisseurs et créateurs de start up, les fameuses « Proptech ». Pas moins de 350 ont été créées en France ces 5 dernières années. Certaines promettent déjà de bouleverser le secteur, comme Proprioo et Flatsy, qui veulent transformer le métier d’agent immobilier ; ou encore HABx, qui permet de personnaliser son logement neuf avant même de passer commande au promoteur…

Certains d’entre vous ont peut-être entendu parler de CoStar. Aux Etats-Unis, cette société s’est imposée comme la base de données des brokers, au point de devenir un outil incontournable des « deal makers ». Ce service innovant s’est mué en quasi-monopole, au point de facturer ses services toujours plus chers, au détriment de la marge de ses clients. Quelques chiffres pour mesurer le phénomène : 1 million de dollars de chiffre d’affaires en 2000, 1,3 milliard en 2018. En bourse, CoStar est valorisé plus que CB Richard Ellis, son premier client.

Parlons sans détour, nous ne ferons pas l’économie de cette révolution numérique. Il est grand temps de mener une réflexion collective si nous voulons en tirer parti le plus harmonieusement possible, et non pas de la subir.

Ceux qui pensent que l’immobilier, parce qu’il repose sur du concret, du travail de terrain, ou que sais-je encore de « tangible », est à l’abri de se faire uberiser, se racontent des fables. Comme Booking a transformé des milliers d’hôteliers en fournisseurs de chambres, le métier des promoteurs risquent d’être restreint au métier de constructeur. Privés de leur relation avec le client, ils perdront une partie significative de leur valeur ajoutée. Ce ne sont plus les vieux briscards du métier qui auront la cote, mais les petits nouveaux qui connaissent la demande.

« Je suis convaincu que les nouvelles opportunités offertes par le digital dépassent notre imagination. »

A ce stade, la profession a deux options : continuer comme toujours, et laisser d’autres prendre son destin en main, ou se remettre en cause et accompagner la digitalisation. Ce serait une erreur de minimiser le dilemme. C’est toute notre culture, toutes nos habitudes qui vont s’en trouver bouleversées. Mais au bout du chemin, je suis convaincu que les nouvelles opportunités offertes par le digital dépassent notre imagination.

Si je prends la parole, c’est que je pense être bien placé pour voir notre forteresse se fissurer en même temps que j’écris ces lignes. Je connais le marché de l’immobilier tertiaire par cœur : j’ai grandi en même temps que lui. La plupart d’entre vous le savent, mon père Claude Heurteux a été l’un de ses pionniers dans les années 70 et 80 avec Auguste Thouard, puis j’ai travaillé comme dirigeant du groupe Vendôme Rome Atis Real pendant 7 ans. Depuis maintenant 13 ans que j’ai créé La Place de l’Immobilier, je l’observe avec un positionnement original. Je ne fais pas d’immobilier au sens propre, je fournis à mes clients les solutions digitales sur des enjeux stratégiques. En clair, j’ai une vue imprenable sur l’ensemble des acteurs du marché.

Pour mener à bien cette réflexion collective, j’ai choisi LinkedIn pour la simplicité et la liberté d’échange. Il m’a semblé cohérent de choisir ce média ouvert, participatif, pour susciter des réactions, et recueillir celles de chacun. Je vais publier neuf articles au total, environ tous les 15 jours, au travers desquels je veux dresser un constat objectif et sincère, avec bienveillance, de la profession. Il faudra pointer sans fard les dysfonctionnements du marché, regarder droit dans les yeux la nouvelle concurrence des Proptech, être lucide face aux changements structurels qui vont s’opérer, anticiper leurs impacts sur nos métiers, mais aussi s’ouvrir à leurs immenses opportunités…

Je ne suis pas là pour juger, dire qui fait mal ou bien, juste pour ouvrir le débat. D’accord ? Pas d’accord ? Votre vécu, votre vision, vos solutions m’intéressent, tout comme le reste de la profession. Je compte sur vous pour créer la discussion : réagissez via tous les outils qui vous sont fournis, les likes, les partages et les commentaires sur chacun des articles.

Blaise Heurteux


FacilitimToutes les réunions du Pôle Immobilier sont animées par Facilitim, acteur en immobilier d’entreprise sur le territoire de Saint Quentin en Yvelines, représenté par Michel Blary et Mireille Andrieux.